Revue des marchés de juin 2022

Gestion de placements Canada Vie - 8 juillet 2022
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Revue des marchés de juin 2022

Introduction

Les marchés d’actions mondiales ont fait marche arrière en juin sur fond de craintes récessionnistes causées par la flambée inflationniste et les politiques de resserrement substantiel des banques centrales. La Réserve fédérale américaine (Fed) a augmenté la fourchette cible de ses fonds fédéraux de 75 points de base, tandis que la Banque du Canada a ajouté 50 points de base à son taux de financement à un jour. La Banque d’Angleterre a pour sa part haussé son taux de 25 points de base, alors que la Banque centrale européenne a annoncé qu’elle allait probablement augmenter son taux de 25 points de base en juillet.

Au Canada, l’indice composé S&P/TSX s’est inscrit en retrait, l’ensemble de ses onze secteurs ayant passé le fil d’arrivée mensuel dans le rouge. Le secteur des soins de la santé prenait la tête d’affiche au palmarès des plus grosses pertes. Aux États-Unis, l’indice S&P 500 a également reculé, ralenti pour sa part par les secteurs de l’énergie et des matières premières. L’indice composé NASDAQ, à forte teneur technologique, accusait également un manque à combler de plus de 9 % pendant le mois. Pour ce qui est des taux de rendement obligataire, les bons à 10 ans des gouvernements canadien et américain ont tous deux profité d’une hausse en juin. Du côté de l’or et du pétrole, les prix ont chuté de part et d’autre.

Politique de resserrement dynamique en place

Sachant que l’augmentation des prix à la consommation touche un sommet en dix ans et ne donne aucun signe d’atténuation, la Banque du Canada et la Fed conserveront leur posture actuelle pour mener un combat contre l’inflation et la ramener plus près de 2 %. Au cours de sa réunion qui a eu lieu au début de juin, la Banque du Canada a augmenté son taux de financement à un jour de 50 points de base pour l’établir à 1,50 %. Il s’agissait de sa deuxième hausse consécutive de cet ordre. La Banque du Canada faisait également remarquer qu’elle allait continuer à réduire son bilan, plutôt élevé, en précisant qu’il importe de combattre agressivement l’inflation afin d’empêcher que celle-ci ne s’installe dans l’économie canadienne. Entretemps, la Fed a également effectué son augmentation la plus notable depuis 1994. En effet, celle-ci a augmenté la fourchette cible de ses fonds fédéraux de 75 points de base, soit entre 0,75 % et 1,00 %, afin de contrecarrer les pressions inflationnistes toujours plus prononcées. Jerome Powell, président du conseil, a par la suite fait remarquer que la Fed s’était engagée à ramener le taux d’inflation à sa cible de 2 %, mais qu’elle allait user de prudence pour ce faire dans le but d’éviter une éventuelle récession. Les marchés s’attendent à ce que la Banque du Canada et la Fed réalisent d’autres hausses de leurs taux au courant de l’année.

Secteur immobilier tendu

La Banque du Canada a accru son taux d’intérêt directeur pour répondre aux pressions inflationnistes, mais a reconnu que ce faisant, elle allait probablement freiner les ardeurs du marché immobilier canadien, lequel était en pleine ébullition. La faiblesse des taux d’intérêt, la demande élevée et l’offre limitée avaient fait grimper le prix des maisons sur le territoire canadien depuis 2020, mais la hausse des taux hypothécaires et le prix élevé des logements soulèvent des craintes sur le plan de l’abordabilité et ont l’effet d’une douche froide sur la demande. Les plus récentes données à cet égard semblent appuyer ce constat. Selon l’Association canadienne de l’immeuble (ACI), les ventes résidentielles ont essuyé un recul de 8,6 % en mai, ce qui représente une troisième décélération mensuelle consécutive. Par ailleurs, le prix de référence a reculé de 0,8 % en mai pour enregistrer une deuxième chute mensuelle consécutive. À Toronto et Vancouver, les deux principaux marchés immobiliers au Canada, le prix moyen des maisons a faibli de 3,1 % et 1,7 %, respectivement, alors que le nombre de logements vendus a également baissé dans les deux marchés. La banque précisait qu’il était encore trop tôt pour prédire une correction de l’immobilier canadien, mais il est clair qu’un certain virage s’opère, marqué par un volume moins élevé et un ralentissement de la croissance des prix. Les dernières données sur la confiance des consommateurs, issues d’un sondage effectué par Bloomberg Nanos, révèlent que les Canadiens et Canadiennes ne pensent pas que la valeur des biens immobiliers se solidifiera au cours des six prochains mois.

Embargo partiel sur le pétrole russe

À la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’Union européenne (UE) a instauré des sanctions financières tous azimuts contre la Russie, y compris une sixième ronde de sanctions qui déclare un embargo partiel sur le pétrole russe. Au début de juin, l’UE a mis en place des sanctions qui interdiront l’importation de pétrole brut russe par transport marin à partir du 5 décembre, et des produits pétroliers à partir du 5 février 2023. Le pétrole brut et les produits pétroliers importés par pipeline seront exemptés. Il a fallu plus d’un mois de négociations entre les pays membres pour en venir à ces nouvelles sanctions en raison de leur dépendance envers le pétrole brut et les autres produits pétroliers russes. Maintenant que ces sanctions pétrolières sont en place, de nouvelles occasions se présenteront. En effet, l’UE pourrait accélérer son virage énergétique en faveur d’autres sources au détriment des combustibles fossiles. L’UE considérera l’octroi accéléré de permis pour les produits énergétiques renouvelables au courant de la prochaine année. Lors du sommet du G7, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s’est entretenu avec les membres de l’UE du G7, notamment l’Allemagne, pour leur offrir le pétrole et les produits énergétiques du Canada. M. Trudeau indiquait qu’il allait chercher à agrandir l’infrastructure énergétique canadienne afin d’aider à fournir l’Europe à court terme. Cette infrastructure pourrait par la suite servir à exporter de l’hydrogène.

Hausse soutenue de l’inflation

Au R.-U., les pressions inflationnistes ont continué de prendre de l’expansion bien malgré les efforts de la Banque d’Angleterre. Le taux d’inflation annuel du R.-U. s’établissait à 9,1 % en mai, un résultat qui correspondait aux attentes des économistes. Il s’agit également du plus haut taux d’inflation depuis 1982. Parmi les principales causes de l’inflation en mai, notons une augmentation de 19,4 % pour le logement, de 13,8 % pour le transport et de 8,6 % pour la nourriture et les boissons sans alcool. Bien que la Banque d’Angleterre ait cherché à contenir l’inflation tôt en décembre dernier, les facteurs externes (comme le conflit en Ukraine, les perturbations dans la chaîne d’approvisionnement et les pénuries de produit) ont continué de faire grimper les prix. La banque a augmenté son taux directeur au cours de cinq rencontres consécutives, passant de 0,10 % à 1,25 %. Les intervenants sur le marché s’attendent à d’autres hausses cette année. La banque a réitéré qu’elle avait l’intention de continuer à prendre des mesures drastiques lorsque celles-ci sont justifiées et qu’elle demeurait engagée à réduire l’inflation à son niveau cible de 2 %. Selon ses propres perspectives, la Banque d’Angleterre s’attend à ce que l’inflation atteigne 11 % d’ici octobre, laissant entendre que d’autres hausses des taux sont à prévoir, y compris la possibilité d’une augmentation supérieure à 25 points de base.

 

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