Revue des marchés de juillet 2022

Gestion de placements Canada Vie - 9 août 2022
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Revue des marchés de juillet 2022

Introduction

Après avoir subi une sérieuse dégringolade au cours du premier semestre de l’année, les marchés boursiers mondiaux ont entamé la deuxième moitié de l’année sur une note constructive en affichant un rendement positif en juillet. Malgré un resserrement soutenu et important de la politique monétaire, le ralentissement de l’activité économique a éveillé l’espoir d’un certain relâchement des hausses de taux d’intérêt par les banques centrales à l’échelle mondiale. La Réserve fédérale américaine (Fed) a augmenté la fourchette cible de ses fonds fédéraux de 75 points de base, tandis que la Banque du Canada a ajouté 100 points de base à son taux directeur pour l’établir à 2,50 %. En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé la première majoration de son taux de financement directeur depuis 2011, soit une augmentation de 50 points de base, à 0,50 %. Malgré ces hausses de taux par la Banque du Canada et la Fed, les bons à 10 ans des gouvernements canadien et américain ont tous deux battu en retraite, principalement en raison de l’escalade des craintes de récession.

Au Canada, l’indice composé S&P/TSX a dégagé un gain, tiré de l’avant par les secteurs des produits industriels et des technologies de l’information. Aux États-Unis, l’indice S&P 500 a passé le fil d’arrivée avec un surplus, affichant des gains pour l’ensemble de ses 11 secteurs. L’indice composé NASDAQ, à forte teneur technologique, a dégagé un rendement mensuel supérieur à 12 %. En revanche, du côté de l’or et du pétrole, les prix ont reculé en juillet. 

La BCE se met de la partie

Comme elle l’avait signalé un mois auparavant, la BCE a profité de sa rencontre de juillet pour commencer à augmenter son taux directeur. La banque centrale a ainsi haussé son principal taux de financement de 50 points de base pour l’établir à 0,50 % (de 0,00 %), ce qui s’est révélé être une majoration plus élevée que celle de 25 points de base escomptée par les économistes. Il s’agissait en outre de la première hausse par la BCE depuis 2011. Après avoir mis fin à son programme de rachat des actifs, la BCE a déterminé qu’il était temps d’accroître ses taux d’intérêt en contexte d’inflation galopante, sachant que celle-ci a atteint un niveau record de 8,6 % en juin. La BCE vient ainsi grossir les rangs d’autres grandes banques centrales qui ont redoublé d’efforts pour contenir l’inflation en faisant grimper les taux d’intérêt. Au Canada, la Banque du Canada a aussi surpris les économistes en augmentant son taux de financement à un jour de 100 points de base pour le chiffrer à 2,50 %, soit sa majoration la plus importante depuis 1998. Aux États-Unis, la Fed a conservé une approche dynamique en faisant passer la fourchette cible de ses fonds fédéraux à 2,25 % et 2,50 %, ce qui représente une hausse de 75 points de base. Les banques centrales se sont manifestement donné pour mission de maîtriser l’inflation; elles ont par ailleurs indiqué qu’elle allait continuer de procéder ainsi pour refouler l’inflation plus près de sa cible. 

Ralentissement de la croissance économique au T2 

L’inflation effrénée, l’incertitude géopolitique et le resserrement des politiques monétaires ont tous contribué à créer un climat inhospitalier où les craintes d’un ralentissement de l’activité économique mondiale règnent en maître. Les données sur le deuxième trimestre des deux économies les plus importantes au monde mettent au jour des signes d’un tel fléchissement. En Chine, l’économie s’est repliée de 2,6 % au deuxième trimestre de 2022. Sur une base annuelle, l’économie chinoise s’est avancée de 0,4 %, décélérant ainsi considérablement le pas depuis son essor de 4,8 % enregistré au premier trimestre. Une grande partie du blâme pour cette situation repose sur les mesures de confinement toujours en place, lesquelles ont nui à la demande interne et à son secteur clé de la fabrication. Aux États-Unis, une évaluation provisoire révélait une contraction annualisée de 0,9 % de l’économie au deuxième trimestre de 2022. Ce faisant, l’économie américaine se retrouve en situation de récession « technique », après avoir enregistré un recul de 1,6 % au premier trimestre. Une chute de l’investissement immobilier, des dépenses gouvernementales et des placements commerciaux, qui a fait contrepoids aux gains sur le plan des échanges commerciaux, a ralenti l’économie américaine. Les dépenses de consommation, une composante clé du PIB des États-Unis, ont pour leur part poursuivi leur ascension au deuxième trimestre, mais à un pas plus lent qu’au premier trimestre. Le ralentissement de l’activité économique dans ces grandes économies laisse présager un fléchissement de l’activité autour du globe. 

Le sommet a-t-il été atteint? 

En juin, bon nombre de pays et de régions dans le monde ont continué d’afficher des taux d’inflation records, ou du moins jamais vu depuis des décennies, invitant les investisseurs à se questionner sur le moment où l’inflation touchera enfin un plafond. Quelques signes en juillet ont donné espoir d’une telle possibilité. Au Canada, le taux d’inflation annuel a atteint 8,1 % en juin, son taux de croissance le plus important depuis novembre 1983. L’Europe décrochait un taux record de 8,6 %, tandis qu’au R.-U., en Chine et au Japon, les taux d’inflation allaient chercher 9,4 %, 2,5 % et 2,4 % respectivement. Aux États-Unis, le taux d’inflation a grimpé à un niveau qui n’avait pas été vu depuis 1981, soit 9,1 %, bien que le taux d’inflation principal, lequel exclut les prix plus volatils de la nourriture et de l’énergie, s’inclinait légèrement de 6,0 % à 5,9 %, affichant ainsi son troisième recul mensuel consécutif. Ces données, qui suggèrent une inflation tous azimuts, démontrent également que l’énergie et la nourriture occupent une place centrale dans l’accroissement des prix. En juillet, le prix du pétrole a chuté de plus de 10 %, soulageant ainsi un peu les consommateurs à la pompe. Le prix de certaines marchandises a également chuté pendant juillet, plus précisément celui du blé, qui a connu un recul particulièrement marqué. Bien que l’inflation n’ait pas encore dit son dernier mot, il est possible que le retrait du prix des marchandises ainsi que le resserrement de la politique monétaire puissent réussir à ralentir l’augmentation des prix à la consommation. 

Parité de l’euro et du dollar  

En juillet, l’euro a chuté pour brièvement afficher la parité avec le dollar américain. Il s’agissait de la première fois en 20 ans, à l’issue de ce recul, que les deux devises étaient nez à nez. Tandis que l’incertitude autour du globe se répand et s’accroît, les investisseurs ont cherché à s’abriter auprès du dollar américain, un actif traditionnellement sécuritaire. En fait, l’euro fléchissait graduellement devant le dollar américain depuis plusieurs années, mais on a constaté un déclin net en 2022, occasionné par le conflit en Ukraine, l’inflation et les craintes d’une récession chez les investisseurs. Comme la BCE a tardé, comparativement à ses homologues mondiales, à resserrer sa politique monétaire, les mesures prises par celle-ci ont également influencé la valeur de l’euro. En juillet, la BCE a augmenté son taux directeur de financement pour la première fois depuis 2011 pour l’établir à 0,50 %. Notons que ce taux est considérablement inférieur à celui de 2,50 % de la Fed. Entre-temps, selon une évaluation provisoire, l’économie européenne aurait profité d’une expansion de 0,7 % au deuxième trimestre de 2022. Toutefois, on s’attend à ce que la croissance ralentisse, sachant que plusieurs des principales économies, comme celle de l’Allemagne, sont confrontées à une crise énergétique. L’affaiblissement de l’euro, qui fera grimper les coûts d’importation et exercera une plus grande pression sur les tendances inflationnistes, pourrait mettre quelques bâtons dans les rouages de l’économie européenne.

 

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