Revue des marchés de septembre 2026
Canada Vie - 7 octobre 2026
Entre les droits de douane, les tensions commerciales, la hausse des taux d’intérêt et une inflation persistante, la mise à jour de ce mois-ci fait le point sur les principaux facteurs économiques qui façonnent les marchés et leurs répercussions poss
Introduction
Les marchés boursiers mondiaux ont quelque peu baissé en septembre. L’inquiétude soulevée par la montée des prix et les tensions persistantes au Moyen-Orient ont assombri le sentiment général. Tous les rendements des obligations gouvernementales ont nettement monté à cause de l’inflation et du déficit préoccupant de l’État. À tous les échelons de la courbe, plusieurs taux états-uniens ont atteint leurs niveaux le plus élevés depuis des années, et le rendement des bons du Trésor à 30 ans est à leur pourcentage le plus haut depuis 2002.
La réserve fédérale des États-Unis (Fed), la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon ont relevé leurs taux d’intérêt en septembre, tandis que la Banque du Canada et la Banque d’Angleterre les ont maintenus. Le prix de l’énergie a continué d’être touché par le ralentissement de la circulation dans le détroit d’Ormuz. Selon certaines informations, davantage de pétrole transiterait par le passage maritime, mais les États-Unis et l’Iran n’ont pas réussi à s’entendre pour le rouvrir complètement.
Au Canada, l’indice composé S&P/TSX a été entraîné vers le bas par le secteur des services en communication. Les actions états-uniennes ont un peu reculé au cours du mois. Les rendements des obligations à 10 ans du Canada et des États-Unis ont progressé. Le prix du pétrole a augmenté, celui de l’or a fini en baisse.
Les tarifs douaniers de rétorsion du Canada entrent en vigueur
Le 8 septembre, le Canada a imposé des tarifs douaniers de rétorsion de 15 % à 50 % sur environ 28 milliards $ de produits états-uniens, dont l’acier, l’aluminium, les produits laitiers, les électroménagers, les bâtons de golf et les consoles de jeux vidéo. Cette décision a été prise en réponse à la surtaxe états-unienne de 50 % qui frappe autour de 28 milliards $ de biens canadiens depuis la fin août à la suite de la rupture des négociations. À la fin de septembre, les États-Unis ont répliqué en bannissant à compter du 29 septembre près de 1 milliard $ US (1,4 milliard $ CA) de produits importés du Canada. Cette exclusion touche des boissons alcoolisées, des produits laitiers et des motocyclettes, l’alcool représentant la part du lion.
Bien que les produits mis au ban ne représentent qu’une modeste fraction du commerce annuel total entre les deux pays, l’escalade de ce différend met à mal les entreprises et les travailleurs canadiens. Cleveland-Cliffs Inc., propriétaire de Stelco, a annoncé qu’elle allait suspendre pour une durée indéterminée les opérations de finition à son usine Hamilton Works, les tensions commerciales avec les États-Unis portant atteinte à l’industrie sidérurgique. La fermeture touche des centaines de travailleurs. La décision met en lumière les conséquences de la guerre tarifaire sur certains secteurs critiques de l’économie canadienne. L’augmentation des barrières commerciales pourrait peser lourdement sur les exportations, les investissements privés et les emplois. L’économie du Canada étant déjà sous pression, la discorde ajoute à l’incertitude et risque de rendre la croissance économique encore plus ardue dans les mois à venir.
Afin de diversifier les liens commerciaux, Carney s’est rendu en Union européenne (UE) au cours du mois, séjour pendant lequel on a proposé au Canada de devenir membre associé de l’UE. Bien que la définition de ce titre reste à préciser, cela implique vraisemblablement des relations plus étroites sur le plan du commerce et de la sécurité. Il va de soi que cette invitation devra être débattue et entérinée par le Parlement canadien.
Le Conseil de la Réserve fédérale des États-Unis relève les taux d’intérêt
Lors de sa rencontre de septembre, la Fed a relevé le taux de ses fonds fédéraux de 25 points de base (pb), le portant ainsi à l’intérieur d’une fourchette de 3,75 % à 4,00 %. Il s’agit de sa première hausse de taux en plus de trois ans. La décision a été unanime, la Réserve évoquant que l’inflation est élevée depuis déjà trop longtemps. La Fed croit que cette augmentation devrait ramener l’inflation vers sa cible des 2 %. Son président, Kevin Warsh, a déclaré que les tendances sous-tendant l’inflation ne se sont pas suffisamment atténuées. Aux États-Unis, le taux annuel de l’inflation s’est maintenu à 3,4 % en août, comme on l’avait annoncé en septembre. Pour sa part, l’inflation de base, dont sont soustraits les prix volatils des aliments et de l’énergie, s’est chiffrée à 2,4 % en août, également au-dessus de la cible des 2 % de la Fed. La Réserve prévoit désormais que l’inflation atteindra 3,7 % à la fin de 2026 et qu’elle ne redescendra pas à sa cible avant 2029.
La Fed a également rehaussé à 2,3 % ses prévisions pour 2026 en matière de croissance économique, perspective plus réjouissante que les projections antérieures. Au second trimestre, la croissance économique des États-Unis a quelque peu ralenti à 2,2 %, sur une base annualisée, contre les 2,5 % révisés du premier trimestre. La plupart des administrateurs de la Réserve s’attendent à ce qu’il y ait encore une augmentation au moins d’ici la fin de l’année. Le fait que les taux d’intérêt états-uniens soient plus hauts risque de freiner les dépenses des consommateurs, ce qui allégerait la pression sur les prix, mais ralentirait l’activité économique. Une demande plus faible pourrait aussi réduire l’achat de biens exportés depuis le Canada, ajoutant ainsi de la pression sur une relation commerciale déjà fragile.
La Banque centrale européenne augmente les taux alors que l’inflation grimpe
En Europe, la montée des pressions inflationnistes a poussé la BCE à relever les taux d’intérêt en septembre. Selon les chiffres communiqués en septembre, le taux annuel de l’inflation a grimpé 3,2 % en août, depuis 2,9 % en juillet, s’éloignant encore davantage de la cible des 2 % de la Banque. Le grand fautif en est le prix de l’énergie, qui a bondi de 14,3 % par rapport à un an plus tôt, en raison du conflit au Moyen-Orient qui maintient le prix du pétrole et du gaz élevé. En conséquence, la BCE a majoré ses trois taux directeurs de 25 points de base lors de sa rencontre de septembre. Son taux de refinancement principal atteint désormais 2,65 %. La BCE prévoit que l’inflation tournera autour de 3,0 % en moyenne en 2026 avant de redescendre graduellement à 2,1 % en 2028.
Fait important, l’économie européenne s’est mieux comportée que prévu, ce qui a donné à la BCE la latitude d’accroître les taux d’intérêt. Le produit intérieur brut de la région a monté de 0,6 % au second trimestre et la banque centrale en a profité pour rehausser à 0,9 % ses perspectives de croissance pour 2026. Le marché du travail reste solide : l’emploi augmente et le taux de chômage a été de 6,4 % en juillet. La BCE ne s’est pas engagée à rehausser de nouveau les taux, déclarant qu’elle prendrait ses décisions une rencontre à la fois. La lutte que mène la banque contre les prix élevés met en lumière le défi que représente l’inflation pour l’Europe et pour de nombreuses autres économies.
En Chine, l’économie est dominée par la vigueur des exportations
Selon les données publiées en septembre, l’économie chinoise continue de dépendre fortement de la demande extérieure pour assurer sa croissance, tandis que la demande intérieure demeure médiocre. Les exportations du pays ont bondi de 25,0 % d’une année sur l’autre en août, contre 23,9 % en juillet. La forte demande mondiale pour les produits de technologie de pointe et les équipements pour l’intelligence artificielle est à l’origine de ce gain. Les exportations de semiconducteurs ont plus que doublé et celles d’automobiles ont augmenté de 43 %. Les exportations vers les États-Unis ont bondi de 34,4 % et celles vers l’Asie du Sud-Est de 30,2 %. Les usines ont été occupées : la production industrielle s’est accélérée de 5,2 % d’une année sur l’autre en août, un pourcentage supérieur à celui de juillet et aux prévisions des économistes.
Toutefois, le portrait économique général de la Chine est nettement moins encourageant. Les ventes au détail, un indicateur clé des dépenses des consommateurs, n’ont augmenté que de 0,4 % d’une année sur l’autre en août, ce qui est moins que le progrès de 0,6 % de juillet et que les projections. Les consommateurs chinois restent prudents, et le long recul du marché de l’immobilier continue de miner le budget et la confiance des ménages. Les investissements privés demeurent faibles, en chute de 7,2 % pendant les huit premiers mois de l’année. Dans l’ensemble, l’économie chinoise mise fortement sur ses usines et acheteurs d’outremer pour compenser les maigres dépenses intérieures. Faute de nouvelles mesures de soutien, le pays aura du mal à atteindre la cible de croissance économique fixée par Beijing pour 2026.
| Marchés boursiers | Niveau | Cumul mensuel | Cumul mensuel (CAD) | Cumul annuel | Cumul annuel (CAD) | 1 an | 1 an (CAD) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Indice composé S&P/TSX (CAD) | 35 235,87 | (2,85 %) | (2,85 %) | 11,11 % | 11,11 % | 17,36 % | 17,36 % |
| Indice MSCI USA (USD) | 7 295,52 | (0,47%) | 2,09 % | 11,68 % | 15,71 % | 14,05 % | 16,45 % |
| Indice MSCI EAFE (USD) | 3 125,70 | (3,33 %) | (0,84 %) | 8,05 % | 11,95 % | 12,96 % | 15,35 % |
| Indice MSCI Emerging Markets (USD) | 1 704,87 | (0,84 %) | 1,71 % | 21,40 % | 25,78 % | 26,66 % | 29,33 % |
| Indice MSCI Europe (USD) | 2 744,00 | (4,63 %) | 2,18 % | 3,83% | 7,58 % | 9,91 % | 12,23 % |
| Indice MSCI AC Asia Pacific (USD) | 276,46 | (0,62 %) | 1,93 % | 21,43 % | 21,81 % | 25,32 % | 27,97 % |
Indice MSCI USA (USD)
| Marchés des titres à revenu fixe | Niveau | Cumul mensuel | Cumul mensuel (CAD) | Cumul annuel | Cumul annuel (CAD) | 1 an | 1 an (CAD) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Indice obligataire universel FTSE Canada (CAD) | 1 190,38 | (1,22 %) | (1,22 %) | (0,78 %) | ( 0,78 %) | (1,10 %) | (1,10 %) |
| Indice obligataire de premier rang FTSE Monde (USD) | 223,51 | (2,67 %) | (0,17 %) | (3,13 %) | 0,37 % | (2,71 %) | (0,65 %) |
| Devices | Niveau | Cumul mensuel | Cumul mensuel (CAD) | Cumul annuel | Cumul annuel (CAD) | 1 an | 1 an (CAD) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| CAD/USD | 0,7027 | (2,66 %) | - | (3,57 %) | - | (2,19 %) | - |
Devices
| Marchandises | Niveau | Cumul mensuel | Cumul mensuel (CAD) | Cumul annuel | Cumul annuel (CAD) | 1 an | 1 an (CAD) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| West Texas Intermediate (USD/baril) | 90,42 | 5,34 % | - | 57,33 % | - | 44,85 % | - |
| Or (USD/oz) | 4 157,41 | (6,30 %) | - | (3,74 %) | - | 7,75 % | - |
| Argent (USD/oz) | 60,43 | (9,24 %) | - | (15,68 %) | - | 29,54 % | - |